Crises existentielles

J’ai en moi une vague de fraîcheur qui hésite à déferler.  Elle prend sa source dans la rivière de changements qui coule en moi depuis quelques temps. Elle trace des chemins qui mettent à jour de nouvelles contrées.  Malgré toute ma curiosité, j’hésite à les explorer.  Mon oisiveté et le confort de mes habitudes me figent sur place.  Mais tout en moi réagit et le son de cette vague devient de plus en plus fort.

Alors, j’ose et j’avance… Je tremble un peu mais j’avance. Je défriche cette partie de moi encore inconnue et tout à coup je me sens légère.  Je ne ressens plus de peur, ni de doute.  J’ai pris la bonne décision. Je me dirige vers l’essence qui m’habite, c’est à dire ce qui me fait me sentir en harmonie avec moi-même.  Ça me donne des ailes, ça me fait sentir libre. Libre de choisir ce qui fleurira en moi. Libre de conserver ou disposer de ce qui m’entoure.  Oui, la liberté d’être qui je désire être pour l’autre versant de ma vie.

Si vous pensez que c’est la crise de la quarantaine, et bien, vous avez raison. Du moins, tous les signes désignent cette étape de vie. Dans la littérature, on parle de ces moments comme des « crises existentielles ».  Elles seraient au nombre de trois: à l’adolescence où nous devons découvrir qui nous sommes, à la quarantaine où nous questionnons le temps qui reste et à l’âge avancée où nous évaluons ce que nous avons été.  C’est à chaque fois se retrouver à la croisée des chemins de notre vie.

Ces crises sont insécurisantes, elles nous sortent de notre zone de confort et nous font perdre le contrôle de ce que nous sommes habitués de gérer. Mais le résultat est bénéfique si nous sommes prêts à les traverser. Elles font partie du processus normal de la vie.  C’est un peu comme repeindre une pièce de maison après plusieurs années.  Cette pièce reste de la même grandeur mais la peinture et la décoration lui donnent un sens différent.  Ce qui habitait cette pièce ne convient peut-être plus.  Il nous faut redéfinir cette pièce. C’est la même chose avec les crises existentielles, revisiter qui nous sommes afin d’évoluer.

Ce qui est si déstabilisant c’est que de tels moments de vie nous font converger vers de nouveaux repères.  Ce qui a pour impact de modifier notre environnement et notre vie. Il est vrai que nous ne sommes pas toujours prêt à assumer de tels changements. Nous pouvons demander l’aide de professionnels et en parler à nos proches. Malgré tout, certaines personnes peuvent faire le choix de ne pas entendre l’appel. La crise sera reportée, car ce n’est pas en ignorant un volcan qui gronde qu’on est le plus en sécurité. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, elle est en perpétuel changement et que nous le voulions ou non, nous devons évoluer avec elle. Nous devons être en mesure de nous ajuster au rythme de la vie qui passe avant que celle-ci ne nous dépasse.

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